Etude d'environnement

Etude d'environnement

Cette étude d'environnement a été réalisée en 2003 par Monsieur Alain DESBROSSE, ingénieur écologue à CHALON SUR SAONE, afin de mieux apprécier ce qui nous entoure pour l'établissement de la carte communale. 

SOMMAIRE

L'étude qui suit analyse l'état initial du périmètre destiné à la prise en compte des contraintes d'environnement pour l'établissement du zonage de la Carte communale de la commune de St Firmin. St Firmin est une commune de la région creusotine, limitrophe de la commune du Creusot, au Nord-Est de celle-ci. Cette commune s'étend sur 1500 hectares avec un territoire en écharpe des vallées de la Vèvre et du Mesvrin au Sud jusqu'au rebord du plateau d'Antully.

LE MILIEU PHYSIQUE

Le climat

Les précipitations Le climat de la Saône-et-Loire est caractérisé par la pluviosité croissante qui marque le département d'Ouest en Est avec la proximité du Jura qui arrête les pluies. Les hauteurs du plateau d'Antully se traduisent par une pluviométrie nettement supérieure à celle du proche Val de Saône. St Firmin se trouve dans un secteur bénéficiant d'environ 850 mm de précipitations annuelles, à comparer au Val de Saône et ses 700 mm., aux 886 millimètres de la Bresse à St Germain-du-Bois et aux 1500 millimètres qui arrosent le Revermont. Les années de grande sécheresse comme le fut l'été 2003 gomment ces différences...

Les températures Pour ce qui est des températures, le Val de Saône et ses 11°C de température moyenne annuelle (10,3° au Creusot) est une région chaude comparée aux 9° C des reliefs supérieurs à 500 mètres dans le département. Les températures les plus basses, à partir de la station météorologique de Chalon, sont notées en janvier avec 2,2°, elles augmentent régulièrement tout au long du printemps pour culminer en juillet avec 20,5°. L'amplitude thermique annuelle, différence entre le mois le plus froid et le mois le plus chaud renseigne sur le degré de continentalité. Les 18,7 ° de la station de Chalon indiquent une nette tendance à la continentalité, à comparer aux 15,3° de St Yan ou aux 10° du climat océanique pur de la Bretagne. La station du Creusot indique une situation intermédiaire avec 17,4°. Cette mesure corrobore celle de l'indice d'océanité de Kerner. Sachant que l'automne est plus chaud que le printemps en climat océanique et vice-versa en climat continental, on obtient un indice qui varie de 0 en Alsace-Lorraine à 25-30 en Bretagne. En Saône-et-Loire, cet indice varie de 10,4 à St Yan à 1,5 pour Pierre-de-Bresse, en passant par 8,6 au Creusot et 4,8 à Chalon, confirmant cette dégradation du climat océanique à mesure que l'on se rapproche du Jura.

Les vents Les données sont celles de la station de Champforgeuil qui montre une dominance des vents de N/N/E mais également du S/S/O. L'axe de la vallée de la Saône influe sur la direction des vents. Pour St Firmin, la complexité du relief ne permet pas de définir des zones plus particulièrement exposées au vent. Seule la vallée du Mesvrin dans son parcours nord-sud avec des coteaux très marqués peut créer des conditions de plus forte exposition au vent. Ce phénomène reste, dans nos régions, de l'ordre du microclimat et ne saurait constituer une contrainte appréciable en termes d'aménagement. A St Firmin, les nuisances de bruit susceptibles d'être aggravées par les vents dominants attribuables à une infrastructure comme celle du TGV sont minorées par la localisation orientale de la voie par rapport aux zones bâties et à son tracé en déblai qui l'encaisse de plusieurs mètres dans le relief naturel.

En résumé, la région du Creusot possède un climat tempéré qui n'induit pas de contrainte forte vis-à-vis du zonage de l'urbanisme.

La topographie

La commune de St Firmin possède une vaste extension nord-sud qui la fait passer d'une altitude de 509 mètres dans le Bois du Petit Prodhun sur le bord du plateau d'Antully à 341 mètres sur la digue de l'étang du Mesvrin, point le plus bas de la commune. Le territoire présente un relief de collines aux formes arrondies sur la majeure partie de sa superficie. Les coteaux de la vallée du Mesvrin dans son tronçon nord-sud, présentent des pentes très marquées qui peuvent localement constituer une contrainte aux aménagements. Ce modelé contraste avec les rebords tabulaires du plateau d'Antully: Bois des Cros, Bois du Petit Prodhun, Bois de Champitaux. Les seules surfaces planes correspondent au fond du vallon de la Vèvre, elles sont limitées à quelques dizaines d'hectares par ailleurs en zone inondable et donc inconstructible.

Géologie, géomorphologie, pédologie

Géologie La géologie de St Firmin est constituée essentiellement de roches cristallines de type granite: granite dit de Mesvres sur l'essentiel du territoire, un granite alumineux à deux micas et granit dit de Luzy au Sud, granite calco-alcalin porphyroïde à biotite (présentant de gros cristaux et du mica noir). La commune possède plusieurs sites où ces granits ont été exploités: Champs Dessus, les Barets, Bouvier. Dans le secteur de la Camuselle, ce granit a la particularité de se débiter en plaques. L'extrémité nord de la commune est recouverte par le Trias gréseux qui constitue l'assise du plateau d'Antully sur le rebord duquel on se trouve ici. L'extrême pointe sud de la commune est taillée dans les grès et argiles rouges du Saxonien datant de la fin de l'ère primaire (étage du Permien, entre 250 et 290 millions d'années). Les deux fonds de vallon du Mesvrin et de la Vesvre sont ennoyés de colluvions argileuses. Les granites hérités du vieux socle hercynien sont faillés selon un axe ouest-sud-ouest/est-nord-est, la principale séparant les grès rouge du granite de Luzy (voir extrait de la carte géologique, feuille du Creusot). Des failles secondaires ont été identifiées à différents endroits du territoire communal, ces accidents ont probablement rejoué pendant la surrection des Pyrénées puis des Alpes à l'ère tertiaire.

Géomorphologie Les formes du relief observables à St Firmin sont de trois types:

-un rebord de plateau avec des avancées tabulaires correspondant au Trias gréseux du plateau d'Antully

-des collines aux versants convexo-concaves entaillées par un réseau hydrographique en "doigts de gants". Ces formes arrondies correspondent à un modelé typique dû à l'érosion chimique des granites sous climat chaud et humide pendant l'ère tertiaire. On possède un bel exemple de ces processus avec deux stades distincts au bord de la digue de l'étang de la Tour. Un petit front de taille actuellement exploité montre un granit pourri avec son réseau de diaclases. Attenant à ce front se trouve un petit escarpement où affleurent les blocs de granit s'individualisant par érosion de l'arène des diaclases (voir photographies en annexe).

-des fonds de vallon plans dans les secteurs les plus larges correspondant à l'accumulation des alluvions récentes qui ont étalé les colluvions venues des versants et les produits de l'érosion de l'ensemble du relief qui furent probablement beaucoup plus fournis aux périodes où l'agriculture labourait une grande partie des versants, et ce jusqu'à la dernière guerre mondiale. Depuis, l'extension généralisée des herbages dans tout le Charolais et ses marges freine fortement ce processus érosif.

Pédologie Les sols de St Firmin sont de type arène granitique issue de l'érosion chimique du granit sous-jacent où le quartz donnera les grains de sables et les cristaux de feldspath les particules d'argile. Ce sont des sols argilo-sableux acides sensibles à l'érosion par les eaux de ruissellement. Ils ont une faible réserve en eau et sont superficiels au sommet des versants où la roche mère affleure. C'est donc un secteur qui présente des contraintes à l'utilisation agricole avec une forte sensibilité d'une part à l'érosion des terres labourées, les talus générés par les bouchures suivant les courbes de niveau en témoignent, et d'autre part à la sécheresse avec des prairies permanentes souffrant rapidement du manque d'eau sur toutes les parties sommitales et les versants. Seules les prairies des fonds de vallon où l'accumulation des argiles crée des conditions d'hydromorphie, permettent à une végétation de prairie humide voire de marécage de se développer. On peut localement observer des phénomènes de solifluxion quant la couverture argileuse des bas de versants est suffisamment épaisse pour déclencher des glissements des argiles gorgées d'eau en période hivernale. Une analyse pédologique plus détaillée devra être conduite pour définir les capacités des sols par rapport à l'assainissement individuel et à l'éventuelle extension des secteurs urbanisés sur la commune.

En résumé, la géologie de St Firmin ne génère pas de contraintes fortes. La contrainte principale en termes d'urbanisme provient de l'existence de versants aux pentes fortes, particulièrement sur le coteau du Mesvrin. Cette contrainte est assortie d'un aspect positif avec la création de beaux points de vue pour les habitations implantées sur ces versants.

L'hydrographie

Les eaux de surface

En terrain cristallin, on observe un grand nombre de sources qui apparaissent à flanc de coteau dans les arènes granitiques ou à la faveur d'une faille dans le socle rocheux. La commune est traversée par deux petits cours d'eau, le Mesvrin et son affluent, la Vèvre. Le Mesvrin est issu de plusieurs sources dans le secteur de la Tour de Champitaux. La Vèvre qui devient en amont le ruisseau de Brandon prend ses sources un peu plus à l'Est, en amont de l'étang de Brandon. Le Mesvrin est lui aussi barré par deux petits étangs, l'un en amont à la Tour, l'autre à la sortie de la commune au hameau de Mesvrin. On note plusieurs petits plans d'eau d'agrément privés sur la commune: la Métairie, étang Beurtais, étang des Bois, étang de la Camuselle. Au total, on compte pas moins de 12 plans d'eau sur la commune. Malgré la petite taille des cours d'eau coulant sur la commune, leur fond de vallon plat dans la partie aval est susceptible de connaître des submersions lors de pluies d'orage ou en période humide d'automne hiver et printemps comme par exemple de part et d'autre de la D 43. Ces zones planes présentant par ailleurs un fort intérêt biologique sont donc des secteurs impropres à l'urbanisation.

Les eaux souterraines

Elles sont limitées à de petites nappes captives dans les arènes granitiques qui étaient traditionnellement exploitées pour les habitations par des puits ou pour abreuver le bétail dans les prés grâce à des mares. Celles-ci n'étant plus suffisantes aux besoins de consommation actuels, des réservoirs d'eaux de surface, Brandon et Pont du Roi ont été créés pour l'approvisionnement en eau potable. Dans la partie basse de la vallée du Mesvrin et sur celle de la Vèvre, une nappe phréatique alluviale est stockée dans les sédiments déposées par ces ruisseaux. Elles restent nécessairement limitées compte-tenu de l'étroitesse de ces vallées et de leur remplissage essentiellement argileux.

LES MILIEUX NATURELS TERRESTRES ET AQUATIQUES

Le territoire de St Firmin présente, en dehors des espaces bâtis, un territoire agricole constitué d'un bocage herbager et de divers petits boisements. Le patrimoine en habitats et en espèces sauvages est donc une caractéristique importante de ce territoire rural.

Une ZNIEFF(Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) de type II englobe le Nord du territoire communal. Il s'agit d'un vaste ensemble incluant le plateau d'Antully et la mosaïque de milieux naturels qu'il recèle.

Deux ZNIEFF de type I ont aussi été déterminées sur la commune. Il s'agit de la ZNIEFF 0002.1212 des Bois de Mauprix et des Cros qui couvre 290 hectares à cheval sur St Emiland (Bois des Cros).Une flore associée aux milieux humides y présente une grande diversité avec de nombreuses plantes rares et protégées ainsi qu'une espèce d'orchidée qui n'était pas connue pour le département, découverte en 1980 par Maurice Laroche, l'Epipactis pourpré.

La ZNIEFF 0200.0000 pour le marais du Mesvrin en commun avec St Sernin, du hameau de Mesvrin jusqu'à la D361. Cette Zone concerne des prairies humides et marécageuses abritant une flore spécifique avec deux espèces rares protégées (voir les fiches descriptives respectives de ces ZNIEFF en annexe du présent document).

1) LES HABITATS

Les boisements Ils sont essentiellement localisés dans l'extrémité nord du territoire communal qui correspond au rebord du plateau d'Antully (Bois des Niolets, de Champitaux, du Petit Prodhun, de la Tour). C'est une hêtraie-chênaie acidiphile à Chêne sessile. Cette caractéristique acidiphile est mise en évidence par l'abondance locale du Châtaignier. Sur la commune, ils ont particulièrement souffert des pratiques d'enrésinement avec plus de la moitié des surfaces déboisées pour laisser la place à la monoculture du douglas.

Les prairies inondables Elles sont restreintes en surfaces aux zones en amont du hameau de Mesvrin, elles correspondent à la confluence Mesvrin-Vèvre et à la partie aval de la vallée de la Vèvre. Elles abritent une flore plus ou moins hygrophile selon l'hydromorphie des sols, avec, dans les secteurs les plus humides, développement des joncs et des laîches qui constitueraient une cariçaie dense en l'absence de fauche ou de pâture de ces surfaces. De nombreuses espèces sont associées à ces formations: Reine des prés, Baldingère, Lycope, Salicaire,??

Les plans d'eau On dénombre une douzaine de petits plans d'eau dont la plupart ne font que quelques ares en surface. Ils sont tous établis à partir d'une digue artificielle à l'exception de celui de Bouvier qui correspond à l'ennoiement de l'ancienne carrière de granit. Les deux principaux sont l'étang des Bois mitoyen avec St Pierre de Varennes et l'étang de la Tour. Ce dernier possède une des deux queues, celle le long de la D 43 avec de belles ceintures de végétation aquatique. Ces zones sont très importantes pour toute la vie aquatique d'un étang mais sont malheureusement trop souvent absentes ou détruites par des travaux d'entretien intempestifs, limitant sérieusement l'intérêt biologique de ces milieux. Leur nombre, combiné avec celui des quelques mares creusées dans les prairies, contribue à créer un réseau favorable au maintien de populations d'amphibiens, grenouilles et tritons qui sont pour la plupart, des espèces menacées par les pratiques agricoles actuelles.

Le bocage Il se développe sur l'ensemble du territoire communal. C'est un paysage très ancien dont on retrouve les traces sur le cadastre napoléonien. Le maillage est constitué de parcelles de taille moyenne, d'un ou plusieurs hectares avec des contrastes entre des zones ouvertes (en Chaussée, le Teureau de Sapin) et d'autres qui ont conservé leur maillage d'origine. Les haies arbustives sont parsemées d'arbres de haute tige, essentiellement ici du Chêne pédonculé mais aussi quelques charmes et saules blancs têtards et aussi divers fruitiers, cerisiers ou poiriers essentiellement. La taille basse systématique qui s'est mise en place depuis plus de deux décennies est responsable d'un fort appauvrissement des potentialités biologiques de nos bouchures avec disparition des sites de nidification dans la partie haute de la strate buissonnante, amenuisement drastique des ressources nourricières par absence de baies (non floraison des rameaux d'un an ou taille dès le mois de juillet), abattage d'un grand nombre d'arbres de haute tige devenus gênants, les arbres creux les plus intéressants pour les cavernicoles ayant été éliminés en priorité.

2) LA FLORE

La Zone Naturelle (ZNIEFF) dite des Bois de Mauprix et des Cros signale une flore d'influence montagnarde avec un cortège d'espèces rares et protégées: Gentiane pneumonanthe, Drosera (plante carnivore des tourbières),Prêles d'hiver et des bois, et pas moins de cinq espèces d'orchidées: Orchis incarnat, Epipactis des marais et pourpré, Spiranthes d'été et contourné, ainsi qu'un champignon montagnard très rare pour le département; Cantharellus lutescens. Ces données qui datent d'une vingtaine d'années doivent être réactualisées pour vérifier les impacts dans cette zone de l'enrésinement qui risque d'avoir détruit nombre des stations des plantes signalées.

Prairies inondables La ZNIEFF du Mesvrin signale une plante rare des décombres, la Jusquiame noire ainsi que deux plantes des zones siliceuses humides, la Renoncule à feuilles de lierre et la Pédiculaire des marais.

Arbres remarquables Un superbe Chêne pédonculé a été découvert au milieu d'un préau Sud Ouest de St Privé, dans le Champ du Haut des Combes. Il sera intégré dans l'inventaire des arbres remarquables du département en cours depuis 1993. Son intérêt reste de niveau communal.

3) LA FAUNE

La diversité des milieux sur la commune permet à une faune variée d'oiseaux, mammifères, insectes, reptiles et batraciens de peupler le territoire. Bien que ce potentiel soit amenuisé par les pratiques forestières, la gestion des bouchures basses ou l'absence de végétation du bord des étangs, on peut encore observer un certain nombre d'espèces courantes des forêts (mésanges, pics, rapaces) et du bocage (traquet pâtre, alouette lulu, fauvettes à tête noire, grisette, bruant jaune,?) ainsi que celles associées aux plans d'eau (colvert, sarcelle d'hiver, poule d'eau, râle d'eau sur les queues du Mesvrin et de la Tour). En ce qui concerne les mammifères, le lapin de garenne est présent dans le secteur de la Camuselle. La fiche descriptive de la ZNIEFF du Mesvrin indique la présence du Hibou des marais, une espèce présente occasionnellement chez nous en hiver dans les landes et les marais. La Marouette ponctuée, un petit ralidé très difficile à détecter a également été notée. La queue de l'étang est un site favorable pour la reproduction de cette espèce.

L'OCCUPATION HUMAINE

1) L'activité agricole

Voir les données statistiques du dernier RGA. La commune compte dix exploitations agricoles dont les stabulations déterminent un périmètre de 100 mètres non constructible (voir plan joint).

2) L'utilisation forestière

Dans les secteurs conservés en forêt feuillue de chêne et hêtre principalement, l'exploitation se fait par le mode traditionnel du taillis sous futaie avec réserve des arbres de futaie pendant 4 coupes du taillis pour une exploitation des grumes à 120 ans. Pour ce qui concerne la monoculture des résineux, les plantations de douglas sont rasées à blanc sur un cycle de 30 à 40 ans.

3) Le patrimoine archéologique et les monuments historiques

La commune possède pas moins de 20 sites archéologiques connus dispersés sur l'ensemble du territoire. On ne possède aucune trace de nos ancêtres chasseurs du Paléolithique. En revanche, le Néolithique et ses premiers agriculteurs nous ont laissé trois menhirs (Pièce des Caillots, Pièce de l'Etang, Champitaux) ainsi que des mégalithes non formellement identifiés aux Macottins ( pour plus de détails, lire l'ouvrage de Louis Lagrost et Pierre Buvot, Menhirs de Bourgogne publié par la Physiophile en 1998). Le menhir de Champitaux est actuellement couché au pied du hangar agricole qui a été construit sur son emplacement. L'époque gallo-romaine est très bien représentée avec les carrières de grès de Prodhun, une probable nécropole à l'église du bourg ainsi qu'un sarcophage, une partie de la voie Autun-Tournus de Bouvier vers la Beaujarde avec un pont à Bouvier, une stèle aux Barets, divers sites d'occupation: les Fontenottes, le Champ des Roches, les Bois des Cros et de Champitaux, aux Murs et aux Champs Saussier. On note enfin les vestiges d'une maison forte et d'un prieuré à la Tour de Champitaux, une fontaine médiévale au Sud du bourg ainsi qu'une autre d'époque non définie à Saint Privé et enfin la zone d'exploitation de la verrerie de Prodhun à la Verrerie. La commune de St Firmin est donc un territoire riche en vestiges archéologiques qu'il conviendra de respecter dans la définition des zones urbanisables en évitant ces secteurs sensibles ou en prenant les précautions nécessaires en cas de travaux de creusement. En dehors de ces éléments répertoriés, il faut signaler la présence de chemins bordés de dalles de granit dans le secteur de la Camuselle. Même si ces vestiges ne sont pas datés, ils présentent un intérêt local et une originalité à préserver. Autre élément assez répandu dans les parages du bourg, ce sont des poteaux granitiques percés de trois trous. Ils parsèment les pâtures et marquent des limites anciennes souvent aujourd'hui abandonnées avec la diminution du nombre des exploitants agricoles. A signaler enfin une pierre dressée par un particulier à la sortie sud du hameau de Bouvier. Bien que ce ne soit pas un menhir préhistorique répertorié, cette pierre perpétue une pratique des pierres dressées dans le secteur toujours vivace aujourd'hui. Les pierres dressées, qu'elles soient d'époque préhistorique ou actuelle sont une des micro caractéristiques des paysages de St Firmin.

4) L'occupation humaine actuelle

- Les nuisances et contraintes

On liste sur la commune de St Firmin, plusieurs éléments qui constituent des nuisances environnementales, sources de pollution, de nuisances visuelles ou contraintes aux aménagements et au zonage de l'urbanisme :

Ligne électrique HT Une ligne électrique recoupe les marges du territoire communal à hauteur de la vallée de la Vèvre et du Bois de Prodhun à l'Etang de la Mouille du Pot.

Gaz Une conduite enterrée coupe le territoire communal en deux dans son axe nord-sud (voir localisation sur les plans joints).

Etablissements industriels On en compte deux, l'un au bourg, l'autre à Bouvier. Aucun ne répond à la législation sur les installations classées ( pas d'information dans le porté-à-connaissance, à vérifier en mairie).

Infrastructures de communication La ligne TGV Paris-Lyon coupe le territoire dans sa pointe est et passe à proximité du hameau des Jacquelins. Malgré la proximité de cette infrastructure génératrice de bruit, celle-ci a l'avantage d'être située sous les vents dominants par rapport aux zones bâties du bourg. C'est de plus un tronçon en grande partie en déblai qui, par conséquent, atténue le bruit du passage des rames de train.

Sentiers de randonnée La commune possède un réseau de chemins dense dont une partie est parcourue par le GR ainsi que par le PDIPR instauré par le département.

Décharges ou points noirs visuels On note quelques décharges sauvages (une au Sud du bourg le long du chemin montant au Teurot de Sapin) et des points noirs visuels comme le dépôt de véhicules à la Belle Idée.

Eaux usées Le bourg est raccordé à un système collectif par lagunage, le reste des habitations de St Firmin est en assainissement autonome.

LES PAYSAGES

St Firmin se trouve, en termes de contexte paysager, dans une zone de transition entre le plateau d'Antully et le bassin minier de Montceau-le Creusot qui se termine au Nord sur la vallée du Mesvrin dont les versants découpés occupent tout le Sud du territoire communal. Les descriptions qui suivent sont tirées de la notice de la carte des paysages de Bourgogne réalisée en 1997 par la DIREN:

Le plateau d'Antully

"Paysage de bocage et de polyculture. A l'Ouest, la forêt de la Planoise remonte en talus vers la montagne autunoise. En partie plantée de sapins, elle a de belles futaies de hêtres et de chênes qui offrent un sous-bois agréable. D'autres massifs forestiers cernent le plateau, limitant les vues lointaines. Le paysage se caractérise par l'horizontalité et la densité de la végétation arborés qui ferme l'espace. Le plateau est sillonné par un réseau de haies taillées ou hautes qui découpent de grandes parcelles géométriques de prairies ou de cultures. Une masse dense d'arbres isolés et de bosquets multiplie les plans; cloisonne les vues, crée une verticalité qui contrecarre l'effet plan du sol sans jamais l'effacer. L'organisation des motifs se répète inlassablement, donnant une forte sensation de monotonie. Le contact avec le ciel joue un rôle important et éclaire cette uniformité. L'humidité émane partout: mares; étangs, prairies humides se succèdent. L'habitat isolé ou en hameaux se disperse dans le bocage, sans jamais se dissimuler. L'atmosphère confinée est renforcée par l'abandon des terres, le développement des friches. Quelques promontoires avancent vers l'extérieur, ouvrent des perspectives sur le piémont, dégagent de vastes panoramas jusqu'aux monts d'Auvergne, donnent une impression de domination. Cette impression se retrouve vers l'Est et le Sud quand le massif s'abaisse vers le Charolais en de longs versants déchiquetés où un bocage ample se déploie au milieu des pâtures. Entre les deux massifs, le Mesvrin se taille un passage en une vallée aux longs versants évasés où s'étalent de vastes herbages aux haies rares. Le paysage est large et lumineux. L'habitat s'y concentre et s'impose à la vue. Les villages se succèdent, entourés de nombreuses constructions récentes, en particulier aux abords de Marmagne et du Creusot. En amont, la vallée s'étrangle et devient un court instant sauvage. Une imposante carrière de granit balafre le versant."

A l'échelle du territoire de St Firmin, on retrouve trois entités paysagères bien identifiables:

- Au Nord, la bordure tabulaire et boisée du rebord sud-est du plateau d'Antully.

- Au Sud la vallée du Mesvrin avec une section large dans son prolongement vers l'Est par la Vèvre et une partie encaissée avec des versants abrupts dans la partie qui remonte sur Bouvier.

- Une zone intermédiaire de collines qui constitue l'essentiel du territoire communal, occupé par un espace agricole de bocage herbager.

Ce paysage est de loin celui qui est le plus représentatif de la région avec un réseau de haies basses pour nombre d'entre elles déjà présentes sur le cadastre napoléonien et dont certaines sont probablement même d'époque médiévale. C'est donc un paysage ancré de longue date, hérité des pratiques agricoles traditionnelles qui tiraient l'énergie du maillage bocager avec une production de fagots à partir de la strate arbustive et des arbres de haute tige régulièrement émondés. Depuis trois décennies, les arbres de haute tige ont été copieusement abattus et non remplacés afin de sacrifier aux pratiques de taille basse mécanisée du linéaire de haies subsistantes.

Si cette pratique a l'intérêt de maintenir un paysage de bocage très ouvert, elle se traduit par un paysage figé, duquel toute floraison des arbustes a disparu avec un broyage dès le mois de juillet qui effeuille les bouchures très précocement. Par ailleurs, les arbres subsistants, du fait de la taille basse, n'ont plus aucune chance d'être renouvelés, leur nombre est donc appelé à aller en s'amenuisant d'années en années avec désormais des secteurs totalement privés de grands arbres dans le paysage.

Sensibilité des paysages de St Firmin

Urbanisme La caractéristique majeure de l'urbanisme à St Firmin est l'extrême dispersion de l'habitat sur l'ensemble du territoire communal. Cela correspond à une répartition ancienne de fermes isolées et de petits hameaux. Le bourg lui-même est à l'image de cet étalement des constructions. Le développement résidentiel diffus touche surtout le secteur central de la commune, entre le bourg et les hameaux de Bouvier et des Caillots. Les versants abrupts de la vallée du Mesvrin, s'ils présentent des points de vue imprenables, ont le désavantage de rendre les constructions très visibles ou bien encaissées en fond de vallon (Bouvier).

Bocage L'entretien des bouchures est à la charge des agriculteurs et des services départementaux ou municipaux le long des routes. La taille basse généralisée a l'intérêt de créer des paysages ouverts mais s'accompagne de nombreux inconvénients (plus de fleurissement printanier et de fructification automnale, disparition progressive des arbres de haute tige, aspect souvent désastreux de l'usage du broyeur).

Espaces forestiers Les marges du plateau d'Antully originellement couvertes de forêts de chêne et de hêtre ont été remplacées par des plantations de douglas. Ces espaces de mono production de cellulose n'ont plus rien de fréquentable: alignements de troncs sous lesquels il fait nuit en plein midi, perte considérable de biodiversité. On peut considérer ces espaces comme profondément dégradés par ces pratiques industrielles.

LE CADRE REGLEMENTAIRE

Le porté-à-connaissance établi par les services administratifs réunit toutes les servitudes d'utilité publique à prendre en compte dans les zonages d'urbanisme qui seront mis en place dans la carte communale.

Pour la commune de St Firmin, les réglementations ayant un rapport direct avec l'environnement naturel et les contraintes à l'urbanisation sont la loi SRU qui institue le respect d'objectifs de développement durable. Celui-ci passe par la préservation de l'environnement et la sauvegarde du patrimoine naturel et bâti.

La loi sur l'eau de 1992 doit se traduire par un zonage d'assainissement dont l'étude n'a pas encore démarré. Ce zonage conditionnera les perspectives de développement urbain de la commune en déterminant les capacités d'épuration collective ou individuelle des logements. La loi sur la protection et la mise en valeur des paysages de 1993 demande une prise en compte des caractéristiques des paysages du territoire communal. Pour les sites d'intérêt naturel existe l'inventaire des ZNIEFF (Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique qui fait le point des connaissances à l'échelle du territoire national sur notre patrimoine naturel, la commune de St Firmin étant concernée par deux de ces zones.

St Firmin est membre de la communauté de commune nommée "Autour du Couchois" rassemblant 10 communes et 5000 habitants. Celle-ci possède des compétences dans le domaine de la protection et la mise en valeur de son environnement consistant en la création et l'entretien de sentiers de randonnée en lien avec le plan départemental ainsi que la signalisation des lieux touristiques.

Une réflexion sur l'évolution des paysages de bocage et forestiers qui couvrent l'essentiel des surfaces nous semble un préalable nécessaire à des actions de protection de ces milieux.

RECOMMANDATIONS VIS-A-VIS DE LA PRISE EN COMPTE DE L'ENVIRONNEMENT DANS L'ELABORATION DE LA CARTE COMMUNALE

En résumé, la commune de St Firmin, mis à part les fonds de vallons inondables, ne présente pas de contraintes naturelles fortes au développement de l'urbanisme. Le risque, à terme, est un mitage généralisé du territoire qu'il convient de contrôler. Le découpage géographique des limites communales lui donne une forme de botte dotée d'un éperon à hauteur de Mesvrin. La richesse en "pierre dressées" (menhirs préhistoriques, contemporains, dalles de granit longeant certains chemins, poteaux en granit) constitue l'originalité de St Firmin.

Zonage de la carte communale

- Conforter les zones construites dans les secteurs topographiquement les plus isolés de la nuisance sonore ferroviaire,

- interdire les constructions isolées en dehors des secteurs traditionnellement bâtis, (de part et d'autre des lignes électriques) , dans les secteurs inondables, à proximité du TGV Développement durable,

- Mettre en place un système d'épuration collectif des eaux usées ou des systèmes individuels les mieux adaptés au contexte pédologique, compléter les systèmes collectifs par un équipement de rhizosphère où les roseaux recyclent les nutriments avant rejet des eaux dans le réseau hydrographique,

- Inscrire les arbres remarquables et les haies ainsi que les boisements en espaces boisés classés dans une perspective de protection du paysage global du territoire communal non bâti,

- Mettre en place une réglementation des boisements pour protéger les parcelles de forêt feuillue encore subsistantes,

- Conforter le réseau des sentiers de randonnée pour réaliser des circuits de découverte des paysages de la commune afin de sensibiliser la population aux richesses de son territoire de vie quotidienne dont l'originalité est la richesse en pierres dressées,

- Remettre en place le menhir de Champitaux sur une parcelle communale ou privée en accord avec le propriétaire.